Depuis les années 1990, la Grande Bretagne a développé une politique de surveillance ultra-renforcée pour faire reculer la délinquance, avec la multiplication des caméras sur son territoire. Il y en a aujourd’hui 65 000 à Londres, et on compte une caméra pour 14 britanniques. Pour avoir un ordre d’idée, la même proportion à Vichy nous donnerait environ 1900 caméras…
Mais patatras, le modèle britannique du tout vidéosurveillance prend l’eau. La Police britannique ne cache pas qu’il s’agit d’un véritable fiasco, dénonçant des dépenses trop élevées au regard des résultats : « Des milliards de livres ont été dépensées dans le matériel mais on n’a pas réfléchi à la manière dont la Police allait utiliser les images et comment elles seraient présentées au tribunal », explique Mike Neville, responsable du bureau des images de Scotland Yard. Selon lui, les caméras londoniennes n’ont permis d’élucider que 3% des vols commis sur la voie publique. Certains rapports estiment même que l’argent dépensé dans le matériel de vidéosurveillance aurait permis de faire baisser la criminalité s’il avait été utilisé dans l’éclairage public…
Et pourtant, en France, le gouvernement se sert encore de l’exemple britannique. Pour preuve, Laurent Wauquier déclarait en 2007 : « Le système de surveillance britannique permet d’assurer mieux la sécurité du territoire ». Dans la lancée, le Ministère de l’Intérieur compte encore tripler le nombre de caméras d’ici fin 2009.
A Vichy, cette politique a naturellement son disciple en la personne du maire de la ville. Pour justifier l’achat coûteux (malgré l’aide la première année du Ministère de l’Intérieur à travers un fonds de lutte contre la délinquance) de 18 caméras, Claude Malhuret s’était appuyé sur des arguments et des exemples qui sont aujourd’hui battus en brèche par les études britanniques.
Alors, à Vichy, à quand un bilan des caméras ? A quand la réunion d’un comité d’éthique sur leur utilisation, comme cela avait été promis à l’opposition ? Et surtout, à quand une réflexion sur les autres moyens de prévenir et lutter contre la délinquance ?
En attendant, que Monsieur Malhuret se console, nos voisins anglais ont déjà trouvé un bon moyen de recycler ces caméras si peu utiles contre la délinquance : un groupe de jeunes musiciens désargentés, Get Out Clause, a eu l’idée géniale de se servir des caméras de vidéosurveillance pour tourner son clip à peu de frais, en récupérant les enregistrements des images tournées comme le permet la loi sur la liberté d’information.
Musiciens et artistes vichyssois : à vos guitares !