VICHY – Le groupe d’opposition à la mairie de Vichy a jugé « navrants » des propos tenus par le président de République hier à l’occasion de la célébration du 63e anniversaire du 8 mai 1945 et selon lesquels : « la vraie France n’était pas à Vichy ».
Dans un article publié ce soir sur le blog du groupe d’opposition, Christophe Pommeray considère sous le titre « les Vichyssois sont-ils Français ? » qu’une étape a été franchie et s’interroge de savoir si « tous ceux [qu’il a revus], mardi sur Arte, dans l’excellent film de Paule Muxel et Bertrand de Solliers » sont Français. Et le conseiller municipal d’opposition, qui est aussi le secrétaire général du Comité en l’honneur des quatre-vingts parlementaires du 10 juillet 1940, d’énumérer des résistants Vichyssois connus tels le colonel Roux, Raymond Moncorgé, Jean Marielle ou André Kespy, des hommes politiques étant passés à Vichy avant de rejoindre la résistance : Chaban-Delmas, Couve de Murville ou Mitterrand. Et d’y ajouter les « centaines d’anonymes qui ici ont résisté parce qu’ils osaient penser, en 1940 ou après, que leur idée de la France ne s’incarnait plus dans le vainqueur de Verdun ».
Christophe Pommeray rappelle enfin que selon lui « utiliser le nom de la ville pour désigner le pire ne sert pas la triple ambition que notre pays devrait avoir : savoir, comprendre et expliquer, pour que ce passé contourné éclaire le présent et le futur et pour n’avoir plus rien à pardonner. »
Rappelant l’action menée il y a quelques jours alors que le secrétaire d’État à l’emploi Laurent Wauquiez jugeait que choisir Vichy pour une réunion internationale sur le droit d’asile serait « de mauvais goût », le conseiller municipal indique que « les Vichyssoises et les Vichyssois lui ont fait tenir des cartes postales et des lettres. On pourrait faire la même chose avec le Président. Mais a-t-on droit aux timbres postaux avec Marianne ? »
« Le silence de Claude Malhuret sur les propos de Laurent Wauquiez est assourdissant. Maintenant que les choses sont dites à ce niveau et aussi clairement, personne ne comprendrait qu’il se taise, à moins que le maire n’ait une défense de la ville à géométrie politique variable » ajoute-t-il.