Je n’ai jamais dépensé une once d’énergie à convaincre quiconque que la cuisine de Jacques Décoret en était une. Parfois ébranlé par des avis contraires (émis deux fois au moins par de délicieux imposteurs qui parlaient sans avoir franchi la porte du restaurant), mon avis s’est conforté de discussions avec Eric Roux, journaliste érudit qui a goûté et qui a en tête de quoi comparer, Thierry Marx ou William Ledeuil par exemple qui n’ont rien de flagorneurs professionnels. Mais il est mon avis, heureusement subjectif puisque c’est d’art qu’il s’agit : personne ne file chez un étoilé seulement parce qu’il a faim.
Alors sur le chalet du Parc, même traitement : pas une once d’énergie à convaincre quiconque.
Mais au groupe d’opposition, nous avons entendu les critiques des gens du quartier — et parfois d’admirateurs bienveillants de Jacques Décoret. Nous ne sommes pas les seuls puisque que les critiques furent fidèlement relayées par le sous-préfet qui, par une lettre au ton sous-préfectoral, sollicite des explications sur le verre fumé de la véranda auprès de l’architecte du bâtiment. Réponse embarassée de ce dernier : c’est l’État — l’architecte des bâtiments de France — qui a choisi cette teinte de verre… Je me souvenais en effet de conversations d’il y a quelques mois avec le cuisinier que le verre devait être légèrement rosé pour, m’avait-on dit, que le bâtiment demeure visible de pied en cap et conserve la même teinte qu’il soit vu à travers la verrière ou non.
Hier, j’ai filé au service urbanisme de la mairie où l’on m’a fort aimablement ouvert le dossier du permis de construire. Les choses sont d’une simplicité biblique : ce qui se construit aujourd’hui est exactement conforme au permis de construire lequel a été accordé par le maire de Vichy et contrôlé par les services de l’État. Quand à la teinte sombre de la verrière, les échantillons de verre ont été remis à l’architecte des bâtiments de France par l’architecte de Jacques Décoret via le service urbanisme de la mairie ; c’est lui qui a fait le choix du matériel qui a été posé.
Dans ces conditions, le parti pris de la rénovation du bâtiment est le fruit d’une unanimité rare : le cuisinier, son architecte, la ville et l’État, unanimité scellée par l’extase administrative que l’on rencontre dans ce type de dossiers: dépôt, autorisation, habilitation, affichage, contrôles, taxe de parkings, etc…
Que dire de plus sauf une toute petite chose ? Il manque au Chalet : la clôture du terrain, deux arbres, une toile en inox tressé, de la lumière et des gens dedans.
CP