Dix grands campus universitaires : telle était l’ambition de l’opération initiée il y a quelques mois par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’idée n’est pas nouvelle de lieux de qualité regroupant l’enseignement, la recherche, l’ouverture sur le monde socio-économique et d’y consacrer cinq milliards d’euros. La ministre a rendu sa copie : 46 projets, dix retenus sur quatre critères : l’ambition scientifique, la situation immobilière, le développement d’une vraie vie de campus et les liens avec les pôles de compétitivité, les réseaux de chercheurs et les collectivités territoriales.
Les critères sont toujours discutables et le dernier plus que les autres : avoir un pôle de compétitivité pour obtenir un campus revient dire que ceux qui n’avaient rien n’auront rien… mais enfin, l’Auvergne pouvait sans doute s’en tirer. Las, Clermont a défendu… Clermont. “À l’échelle de la ville” lit-on dans les commentaires du cabinet comme, à mots choisis, l’absence “d’effet structurant”.
Lorsqu’on lit par ailleurs que le premier campus choisi est un dossier déposé par Talence, Pessac et Gradignan avec l’université de Bordeaux, on se dit que tous les sites d’Auvergne auraient pu en être et qu’à défaut d’entrer dans l’opération campus, la dynamique créée à l’occasion du dossier aurait pu déboucher sur d’autres projets. C’est raté pour cette fois.