Prenant le prétexte de l’installation d’un nouveau membre du conseil municipal, Claude Malhuret a inversé l’ordre des points soumis à l’ordre du jour du conseil municipal de ce soir pour évoquer en premier lieu la démission de Gérard Charasse. Exercice facile : le député était dans la salle mais dans le public, donc soumis au silence. Le maire a donc pu gloser sans risque sur le départ du parlementaire — qui a respecté la loi, faut-il le redire ? — dans des termes frisant la correction. Du public, j’ai reçu un sms : “ça vole aussi bas que sa campagne électorale”. C’est vrai que son salmigondis en avait des accents, comme si la nouvelle campagne allait arriver plus vite que prévu.
Le plus drôle, c’était lui, sur ses ergots, donnant des leçons de démocratie, devant une majorité qui ne l’ouvre jamais et une opposition qu’il méprise et qui est obligée d’aller devant les juridictions pour se faire respecter. Mépris, comme lorsqu’il dit “trembler” devant le recours que nous avons déposé et pour lequel il semble ne pas vouloir se défendre puisqu’il ne répond pas au tribunal administratif ; mépris encore lorsqu’abordant les élections sénatoriales, il ignore qu’elles doivent faire l’objet d’un conseil séparé et qu’il commence, à l’endroit de l’opposition qui le rappelle à l’ordre, sur un ton condescendant : “vous savez qu’il va y avoir des élections sénatoriales ?” avant que le secrétaire général ne l’interrompe pour lui dire, mais délicatement, qu’il s’est trompé.
C’est ce mépris qui dessert d’abord la politique.
Malhuret malheureux.
27 juin 2008 par Christophe Pommeray