“Gonflée”, le maire ayant ainsi apostrophé Isabelle Réchard, j’ai résolu de lui répondre sur le même ton (et non l’inverse comme le dit La Montagne de lundi 9 mars…)
« Monsieur le maire, j’ai quatre remarques sur le débat d’orientation budgétaire.
Avant, je voudrais que cesse cette référence permanente aux collectivités extérieures, selon qu’elles sont de droite ou de gauche. Je vais vous parler, moi, de votre budget pas de celui de Levallois-Perret ou de Corbeil-Essonnes…
Premièrement, j’avais déjà entendu, en commission des finances — d’ailleurs présidée par votre premier adjoint — l’annonce solennelle et réitérée (on l’a entendu quatre fois je crois) d’un maintien des taux d’imposition. Je vais citer un auteur pour commenter cette décision, monsieur le Maire : “je vous trouve gonflé”; je vous trouve gonflé parce que je ne sais pas comment vous pourriez faire autrement qu’annoncé. Les taux, vous les maintenez mais vous ne pouvez pas faire autrement. D’une part parce que vous êtes au maximum de ce que vous pouvez faire. Je vous ai entendu parler du conseil général et du conseil régional. Mais monsieur le maire, lorsque la ville de Vichy est à 16,56% de taux de taxe d’habitation, le département sera, après augmentation à 9,60% ; lorsque la ville de Vichy est à 21,70% de taxe foncière, la région sera après augmentation à 4,77%… Je ne sais pas comment vous pourriez faire mieux aussi parceque les Vichyssoises et les Vichyssois sont déjà abondemment taxé. Les statistiques sont là : chacun d’entre nous paye en moyenne 537 euros par an ; dans les villes de la même strate, on est à 451… D’autre part, la majorité présidentielle s’est chargée pour vous d’augmenter les bases. J’ai demandé une simulation : celui qui payait 1.000 euros de taxe d’habitation l’année dernière en paiera 1.070 l’année prochaine ; l’an dernier, il donnait 640 euros à Vichy ; il en donnera cette année 665… C’est une augmentation de 25 euros pour la ville, je ne voudrais pas que l’on continue à raconter que les impôts ne vont pas augmenter ! Je veux bien que l’on fasse des annonces triomphantes mais il faut que nos concitoyens puissent distinguer entre parole et réalité.
Deuxièmement, il s’est passé en 2008 une chose très importante : l’arrivée de la crise. Aujourd’hui, nous commençons d’avoir des chiffres, nous avons les bilans des entreprises qui tombent, nous avons les uns et les autres des contacts avec le monde économique et nous vivons localement des alertes très sérieuses. Plus personne ne pourrait donc dire sérieusement que tout cela n’est pas grave en rappelant la croissance de la Chine ou de l’Asie du Sud-Est par exemple. Il est de plus, de notre devoir, de faire, chacun à sa mesure, un effort d’apporter une réponse. Le débat d’orientation budgétaire a fait, à Vichy, l’objet d’une présentation technique de très bonne qualité mais j’aurais aimé entendre ou lire une vision politique de ce budget. Autour de nous, les lignes bouges : Clermont-Ferrand vient d’annoncer un million d’euros supplémentaire sur l’économie; Montluçon 250.000, la Région 14 millions d’euros… Nous avons de plus un bassin d’emploi particulier : sur 80.000 personnes, il y en a 30.000 qui travaillent ; même si la redistribution ne se fait pas tout à fait à ce niveau, il faut prendre en compte les entreprises et l’emploi dans le travail que nous accomplissons aujourd’hui. Je ne sens pas cette réponse dans l’orientation budgétaire que nous discutons.
Troisièmement, nous avons eu, localement, la diffusion du rapport sur la Compagnie fermière de Vichy. Un jour, une crise ça s’arrête. Il faut mener deux fronts, dans la période que nous connaissons, deux tâches : réparer au jour le jour les difficultés que nous rencontrons mais aussi prévoir le moment où nous sortirons de l’ornière. Le rapport de la CFV est une opportunité ; il faudrait, dans le déabt d’orientation budgétaire, envoyer un signal à ce sujet.
Quatrièmement, comme je suis un élu municipal récent, j’ai naturellement porté cette année une plus grande attention, dans mon milieu professionnel, au rapport entre la loi de finances et les collectivités. J’en retiens que la dotation de l’État à la ville de Vichy est une des plus importantes de France : 550 euros par habitant contre 270 ailleurs. J’attire de nouveau votre attention, monsieur le maire, sur la pression égalitaire qui s’installe à la commission de finances de l’Assemblée nationale et du Sénat et sur la vraisemblance d’une diminution drastique de cette dotation. Nous sommes donc dans un triple étau : la DGF qui va baisser inexorablement, les taux que nous ne pouvons pas augmenter et une masse de bases fiscales qui diminue. Nous avons donc un potentiel financier qui s’amenuise. Dans un débat d’orientation budgétaire, nous devrions traiter de cette question et commencer, rapidement, de dégager des pistes pour répondr, en temps utile, à cette mutation.
Telles sont les remarques, monsieur le maire, que je souhaitais vous soumettre.