Après une présentation en tous points identique à celle d’il y a trois semaines, le maire nous a demandé de voter son budget. Je lui ai expliqué, au nom du groupe, pourquoi nous voterions contre.« Monsieur le maire
Ça ne surprendra personne, le projet de budget est exactement conforme au débat d’orientation budgétaire que nous avons eu il y a trois semaines.
Exactement conforme à ceci près que nous pouvons également confronter nos déclarations d’il y a trois semaines à la réalité des chiffres puisque nous sommes, si j’ose dire, dans le bois dur financier.
Il y a trois semaines, après une annonce en commission des finances vous nous avez annoncé que les impôts n’allaient pas augmenter. Mais — la majorité UMP n’a pas encore supprimé cette obligation de transparence — vous devez publier avec les documents budgétaires, des ratios, onze ratios obligatoires.
Et que disent-ils ?
Sur l’imposition, chaque Vichyssois payait en moyenne 764,41 d’impôts l’an dernier ; il en paiera 788,70 euros cette année. L’an dernier, l’écart d’imposition avec les communes de la strate était de 76,41 — c’est à dire que les Vichyssoises et les Vichyssois payaient 76 euros de plus que leurs concitoyens de villes comparables — cette année l’écart sera de 139,70 euros. Ce ne sont pas les chiffres de Pommeray, ce sont les chiffres du gouvernement que vous soutenez et que vous êtes encore obligés de joindre aux compte de la commune.
Je passe sur l’endettement. Il faut que chacun de nos concitoyens de Vichy sache qu’il est responsable de 1.713 euros de dette lorsque nos concitoyens des autres villes sont en moyenne à 1029 euros, ils étaient à 1051 l’an dernier.
Réalité des chiffres donc.
Mais les chiffres du budget disent d’autre choses.
Nous sommes dans une situation difficile, avec des ressources qui baissent et des potentiels fiscal et financier alarmants. Madame la directrice au cours de sa présentation à la commission des finances a parlé d’un effet ciseau et n’a pas été contredite par la majorité. Mais la majorité ne nous a pas non plus expliqué quelle était la stratégie pour endiguer cette situation.
Et le budget que vous nous présentez ne l’explique pas non plus. Pourtant l’an dernier vous m’aviez donné acte de cette analyse et peut-être le ferez-vous encore aujourd’hui…
La seule chose que vous nous répondez c’est que vous investissez et pardonnez-moi de vous le dire, c’est une logique économique et politique éculée. D’abord parce qu’en masse le budget investi par Vichy est égal à 0,03% du PIB auvergnat ; nous entrons dans une crise économique, sociale, sociétale sans précédent — en tous cas pour nous — vous ne voulez pas orienter votre budget vers l’aide aux entreprises au nom d’une idéologie ultra-libérale qui vient de s’effondrer devant nous et la deuxième agglomération d’Auvergne déclare que dans cette situation, elle va apporter 3 centimes sur 100 euros dépensés. Ensuite parce que la crise va avoir une fin. Depuis dix ans, le mouvement de sortie des villes de la classe moyenne est engagé ; il correspond à une aspiration à une qualité de vie que l’on ne trouve pas dans les grandes agglomérations ; il correspond aussi au développement des télécommunications qui permet la dématérialisation d’une grand nombre de travaux. Ce mouvement, tout le monde le dit, et encore une enquête du think tank de l’UMP, va s’amplifier et il va s’accélerer en fin de crise.
Vichy reçoit déjà ces populations du secteur tertiaire-plus que certains appellent le quaternaire ; Vichy les reçoit aujourd’hui sans rien faire. Ce serait une vraie stratégie, luttant contre cet effet ciseau, que de vouloir attirer ces populations. Nous avons franchement tout pour le faire. Ceux qui ont élevé leurs enfants ici savent ce que je veux dire.
Je fais une critique monsieur le maire sur l’absence de stratégie mais également je vous fais une proposition ; je ne voudrai pas que la ville passe à côté de ce mouvement pour lequel elle est particulièrement armée.
Au fond l’opposition entre nous est simple, c’est vivre et voir. Votre budget dit cela : vous regardez la ville, vous la dessinez. Une fois c’est bien comme l’esplanade du lac d’Allier, une fois c’est nul comme la place de la Poste. Nous, nous sommes dans le tableau, nous la vivons et vous comprendrez que nos préoccupations et nos envies ne soient pas seulement esthétiques.
Cette différence à elle seule fait que nous ne voterons pas votre budget. »