Monsieur le maire,
Nous avons eu un débat lors du dernier conseil municipal sur cette question, débat que vous avez clos un peu rapidement. La majorité a pris une décision, certains de nos collègues de la majorité l’ont défendue avec force pendant l’été, avec force mais pas toujours avec enthousiasme ou conviction, et puis le 1er septembre vous avez repris cette décision en nous expliquant, si j’ai bien compris, que tout cela était une stratégie.
Je ne vais pas discourir sur le point de savoir si elle est crédible ou non. J’ai deux indices qui me font plutôt pencher le « non ». D’abord la manière dont avez défendu votre décision en juin dernier. Ensuite la présentation faite par le président des commissions réunies laissait davantage penser que la mairie s’est aperçu, à la fin août, des conséquences dramatiques de sa décision sur l’école de musique, comme l’opposition l’avait d’ailleurs prédit ; je crois qu’au 20 août, nous avions 280 inscrits (il y en avait 609 l’an dernier), et un rattrapage de dernière minute habillé en « pavé dans la mare ». Ce qui est sûr c’est qu’il y eu facétie, pour ne pas dire mensonge, à un moment : ou en juin ou en septembre.
C’est plutôt le fond qui m’intéresse.
Votre argument de base c’est Vichy paye pour les autres : un élève sur deux serait extérieur à la ville de Vichy. Je veux dire deux choses sur cet argument.
D’abord fin juillet, vous m’avez communiqué le tableau non nominatif des élèves. On en tire deux constats.
• le premier c’est qu’effectivement en triant par commune, on arrive à 50/50, 50 hors de Vichy, 50 dans Vichy. Le problème c’est que j’ai constaté que s’agissant des familles monoparentales, même si la facuration est faite à Vichy qui est la résidence d’un deux deux parents, l’adresse qui sert aux statistiques n’est pas toujours celle-là. On m’a dit que c’était isolé, une dizaine de cas mais àa n’aide pas à avoir confiance dans les chiffres que vous nous donnez ensuite.
• le deuxième et c’est une évidence, c’est que les élèves de Vichy pratiquent davantage d’activités que les autres en général. C’est simple à comprendre : lorsqu’on habite à côté de l’école, on peut au surplus du solfège et de l’instrument, s’inscrire à un atelier de pratique collective, essayer un autre instrument. C’est-à-dire que sans même parler de cette histoire d’adresse enregistrée, lorsqu’on prend les statistiques que vous m’avez fait tenir, le rapport n’est plus de 50/50 ; il est plutôt de 65/35.
Il y a d’autres doutes dans les statistiques : vous avez parlé publiquement de 14 élèves en cycle 3 j’en ai trouvé, des documenst que vous m’avez fournis, 54…
Ensuite j’ai lu avec attention votre courrier aux parents extérieurs à Vichy. Et j’ai vu que vous preniez comme point de comparaison pour évaluer la richesse relative des villes, le potentiel fiscal c’est-à-dire combien chaque foyer contribue au budget de la ville. Votre conclusion est que les contribuables de Vichy ne sont pas plus riches que les autres. Ce n’est pas faux.
Il y a dans votre raisonnement deux erreurs.
• Comparer la richesse de deux villes en comparant leur potentiel fiscal c’est comme comparer la richesses de deux foyers en ne tenant compte que des revenus d’un seul de ses membres. Parce que les villes reçoivent des impôts mais elles reçoivent aussi des dotations d’État qui, elles, sont payées par tout le monde. Et Vichy détient sur le plan des dotations d’État la médaille d’or en Auvergne et est en quatrième position au niveau national. Ça signifie que sur 1423 euros de dépenses réelles de fonctionnement par habitant, on en a 537 qui viennent des contribuables de Vichy et que le reste vient de la redistribution nationale, régionale et départementale et que là, tout le monde paye, les contribuables de Vichy comme ceux de Cusset.
• La deuxième erreur c’est d’imaginer la ville et surtout Vichy comme totalement fermée. Evidemment qu’il y a des dépenses de centralité mais il y a aussi des recettes de centralité. Dans l’agglomération, 2 commerces sur 3 sont installés à Vichy ; 3 restaurants sur 4, le seul cinéma, 80% des professions libérales ; ou comme clients ou comme employés, toute personne de l’agglomération vient à Vichy et indirectement contribue au budget de la ville.
Donc l’idée que Vichy en paie pas seule se tient, oui mais il ne faut pas dire que Vichy paie sans cesse pour les autres parce que ce n’est simplement pas vrai.
Mais même à supposer que cet argument se tienne, la décision que la majorité a prise en juin serait en plus inefficace.
Car ou bien les élèves extérieurs ne reviennent pas, ce qui a failli se produire et on se retrouve à devoir licencier entre 8 et 14 personnes et on perd la masse critique nécessaire au fonctionnement de l’école ; ou bien ils reviennent tous et le côut pour le budget, avec les nouveaux tarifs, baisse de 100.000 euros environ sur… 1,4 M€.
La décision de juin était une mauvaise décision. Elle est retirée et remplacée par une nouvelle grille de tarifs.
Les augmentations sont moindres :
10,36% pour les Vichyssoises et les Vichyssois,
22,45% pour les habitants de la communauté d’agglomération
55,54% pour les autres.
Je ne sais pas combien vous attendez de rentrées budgétaires supplémentaires ; mon estimation est de 30.000 euros sur 1,4 millions d’euros… C’est dire que la bonne décision était de retourner aux tarifs précédents et nous ne voterons pas cette augmentation.
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L’important, une fois passée la galéjade, c’est l’avenir. Monsieur Maquin nous a dit hier que deux maires étaient d’accord. C’est un début. Ce que je vous demande monsieur le maire, au nom du groupe d’opposition, c’est de saisir officiellement la communauté d’agglomération et tous les maires concernés par cette affaire.
Il y a plusieurs solutions : l’école communautaire, l’établissement communautaire pour regrouper plusieurs écoles, le subventionnement individualisé, l’établissement public… Nous avons tous les outils pour évaluer les solutions : nos commissions municipales à Vichy, la commission d’évaluation des transfert de charges et le groupe d’opposition prendra sa part d’œuvre dans ce travail si vous le souhaitez et pour peu que les orientations prises soient respectueuse de ce que sont la musique et l’enseignement de la musique.